Clôture de l'amour

Clôture de l'amour

Un couple clôture son amour en deux monologues qui vont au bout de leur pensée, deux longues phrases qui ne sauraient s’interrompre, manière de solder les vieux comptes et marquer dans une langue poussée à bloc le territoire des corps.
Clôture de l’amour est la fin d’une histoire bien sûr, quelque chose qui a à voir avec la séparation, celle d’un couple affolé qui tente de clore quelque chose : son histoire commune d’abord et qu’on voudrait solder sous l’effet de la colère et de la rupture.
Mais Clôture de l’amour serait aussi un début, celui où clore a aussi ce sens de circonscrire, ici l’espace propre à l’âme, celui qui fait de soi-même un territoire de chair à défendre, une parole décidément organique, chorégraphique même, où Stan et Audrey, les deux personnages qui se tiennent au bord du plateau, construisent des barbelés de mots répétés qui se nouent en grillage, faits d’expressions obsédantes qui font comme des vortex à l’intérieur des corps. Deux monologues, deux grilles de parole, qui ne sauraient s’interrompre l’un l’autre. Si j’allais au bout de ma pensée, dit Pascal Rambert, j’en parlerais comme d’une pièce de danse. Danse mentale en quelque sorte qui met le mouvement invisible de l’âme et des nerfs sur la scène. D’ailleurs, il est possible que les corps ne bougent pas en vrai et pourtant qu’on ressorte de la salle avec le sentiment qu’ils n’ont fait que ça, bouger et se débattre à l’intérieur d’eux-mêmes, mais un intérieur devenu extérieur qui sera aussi, et surtout, notre capacité de projection –presque holographique, celle à créer du mouvement avec du langage, oui, du pur langage, comme si la scène ne voulait plus être autre chose que cette virtualité -là, sans plus de substance que celle dont nous la chargeons. Tanguy VIEL


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